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Mis à jour : il y a 46 min 26 sec

Et si on jouait au billard dans l’espace ?

jeu, 05/03/2018 - 23:59
Introduction

En m’amusant à imaginer comment on pourrait adapter différents sports dans l’espace (à bord de l’ISS par exemple), j’ai imaginé une nouvelle façon de jouer au billard en trois dimensions dans un environnement en apesanteur. Je vous détaille ici quelques réflexions sur ce nouveau sport. ;-)

L’environnement

Évidemment, il n’est pas possible de jouer au billard 3D à la surface de la Terre, le poids des billes les faisant tomber naturellement au sol. Il faut par conséquent être en apesanteur où tout l’environnement est en chute libre. Un endroit possible serait à bord de l’ISS (bien que je doute qu’il y ait l’espace pour y jouer). Pour pouvoir y jouer, il faut par contre obligatoirement de l’air : déjà pour que les joueurs puissent respirer facilement (c’est plus pratique de jouer si on n’a pas une combinaison encombrante), mais surtout pour conserver un phénomène de frottement sur les boules afin de les ralentir. Sans ces frottements, les billes une fois percutées ne s’arrêteraient jamais (ou dans très longtemps) et continueront sans cesse leur trajectoire dans le cube. Les seules sources de pertes d’énergies seraient alors les chocs avec les parois du cube ou avec les autres billes.

La table, ou plutôt le cube

La table de billard est habituellement une table rectangulaire de quelques mètres de côté. Ici, l’espace de jeu serait un cube de quelques mètres de côté (2×2×2 m par exemple). Comme au billard (anglais), il y a des poches mais vu qu’on est en trois dimensions, on en rajoute à chaque coin du cube, à chaque centre d’arête ainsi qu’à chaque centre de face, ce qui nous donne au total : 8 sommets + 6 centres de faces + 12 centres d’arêtes, soit 26 poches. Bien évidemment, il est aussi possible de jouer au billard français, mais faire toucher 3 billes dans un aussi grand volume serait quand même vachement plus difficile qu’en 2D.
Pour mieux voir à quoi ressemblerait l’espace de jeu, imaginez la structure du chlorure de sodium, NaCl (le sel de table quoi) si on transpose chaque atome par une poche du cube, le cube au centre servant de point de départ des billes :


Forme du cube si on transpose la position des atomes aux positions des poches du cube de jeu (source)

Les joueurs étant à l’extérieur du cube, les parois de celui-ci sont donc transparentes et avec des trous pour pouvoir passer les queues au travers afin de jouer.

Les billes

Au billard, on part d’un triangle de 15 billes. Ici, vu qu’on rajoute une troisième dimension, on part d’une pyramide de 35 billes (15 au 1er niveau, 10 au 2e, 6 au 3e, 3 au 4e et enfin 1 au dernier) que l’on place au centre du cube pour le début du jeu.
Il reste cependant un problème quant à la jouabilité du billard en 3D : en 2D les frottements entre les billes et la table permettent de ralentir relativement vite la bille pour qu’elle s’arrête. Dans l’espace et juste avec l’air, les frottements ne sont pas suffisants.
Une solution consiste alors à créer des billes massives identiques qu’au billard classique (quelques centaines de grammes) afin de conserver le transfert d’énergie cinétique au moment du choc (des balles en mousses absorberaient plus les chocs) mais de les créer avec une structure poreuse afin d’augmenter artificiellement la surface de contact entre la bille et l’air et donc les frottements. Un taux de densité des billes donnerait alors un coefficient de frottement ajustable suivant les difficultés du jeu : fortement freinées pour un jeu facile, faiblement pour un niveau plus difficile.


Exemple de billes en céramique poreuse (source)

La réalisation de ces billes peut se faire à l’aide d’imprimantes 3D par exemple, l’avantage c’est que toutes les billes auront alors exactement les mêmes propriétés dynamiques dans l’air.

Le jeu

Cette section sera très rapide : les règles sont plus ou moins les mêmes qu’au billard classique. Il est possible de jouer à toutes les variantes en 3D moyennant peut-être quelques ajustements (taille des billes par exemple).

Conclusion

Voilà, je pense avoir donné les grandes lignes de mon jeu. Dans mon cas, le cube fait 8 m3 mais il est aussi possible de faire des volumes de jeu plus petits avec des billes aussi plus petites.
N’étant pas particulièrement bon en dessin, je laisse des personnes plus compétentes faire des vues d’artiste d’un tel jeu si ça en amuse. Vous pouvez les partager dans les commentaires de ce billet, je serai très curieux de voir ça. ;-)
En tous cas, j’aimerais bien voir un jour la réalisation d’un tel de jeu. Qui sait, dans quelques dizaines d’années, il pourrait accompagner les futurs voyageurs à destination de Mars pendant les plusieurs mois de voyages, de quoi les occuper un moment.

Si je trouve d’autres idées de sport ou jeux à réaliser dans l’espace, je pense que j’écrirai d’autres billets ici. À la lecture de ce billet vous me trouverez peut-être complétement fou, mais je trouve ça vachement intéressant et amusant d’imaginer des jeux en changeant radicalement de milieu pour voir comment ils pourraient s’adapter. Cela fonctionne aussi avec n’importe quel autre paramètre : par exemple que se passerait-il si on jouait au billard avec des billes de masse négative ?

Une autre idée de sport en deux mots…

On pourrait imaginer un jeu de pétanque dans l’espace (dans le vide total cette fois-ci).
Un premier joueur lance le cochonnet à la vitesse qu’il veut dans l’espace et ensuite et le jeu consiste à lancer les boules à une vitesse relative la plus proche du cochonnet. Faute de pouvoir s’en approcher vu que dans l’espace ils ne s’arrêteront jamais et que leur mouvement est uniforme et rectiligne, le gagnant est donc celui dont la boule s’éloigne le moins du cochonnet.

Catégorie: Hors catégorieTags: JeuEspaceEt si

Ne consommez pas Internet, soyez Internet

lun, 04/30/2018 - 13:06

Aujourd’hui est un jour un peu spécial, car cela fait maintenant 5 ans exactement que je me suis lancé dans la grande aventure qu’est l’auto-hébergement. En effet, le 30 avril 2013, avec un bagage quasiment nul en administration système (le terme désignant la gestion d’un serveur) et même en informatique au sens large, j’ai tout de même décidé de monter mon propre serveur avec l’aide précieuse de la communauté Fedora, la distribution que j’utilise couramment sur mon ordinateur personnel et que j’ai décidé d’utiliser pour mon serveur.
Cela fait donc 5 ans que j’ai un ordinateur chez moi qui tourne 24 h sur 24, 7 j sur 7 et qui me permet d’héberger mes différents sites Web, ce blog par exemple ou ma galerie photo, ainsi que plusieurs services Web ouverts à tous ou encore un “cloud” personnel et même à une époque un serveur de courriel (que j’ai arrêté depuis longtemps car trop contraignant en auto-hébergement).
Je dois avouer que, avec mes peu de compétences, même après 5 ans, je suis le 1er surpris de voir que cette aventure se poursuit encore et que je n’ai pas l’intention de l’arrêter de suite. :-)

Il est tout de même important de signaler qu’avoir son propre serveur n’est pas juste un détail technique, mais c’est aussi, et surtout selon moi, un choix politique. Avoir mon propre serveur me permet une liberté totale dans mes choix, dans les logiciels que j’utilise, dans ce que souhaite dire ou ne pas dire dessus et surtout me permet de protéger au mieux mes données personnelles. Je ne suis pas dépendant d’une entreprise extérieure (à part mon fournisseur d’accès Internet et mon fournisseur de nom de domaine) qui pourrait avoir les pleins pouvoirs pour me censurer ou m’espionner comme le font Facebook et Google. Avoir mon propre serveur permet d’assurer que mes données personnelles, privées et secrètes ne voyagent pas à l’autre bout du monde sur un data-center Amazon ou chez Facebook. Et ça, à l’époque de l’hyper-centralisation d’Internet, c’est une liberté importante que je souhaite conserver.

Cette liberté a cependant un coût, pas forcement économique bien qu’avoir un serveur chez soi demande du matériel, une connexion Internet et impacte la facture d’électricité, mais aussi du temps et surtout une responsabilité vis-à-vis des Internautes se rendant sur les différents sites et services hébergés chez moi. Il est important de savoir que l’administrateur d’un serveur peut avoir accès à une quantité d’informations très importante sur les personnes qui visitent et utilisent les sites hébergés dessus sans mêmes qu’ils soient parfois au courant. Si un service de cloud est proposé, il peut avoir accès aux données que les gens mettent dessus (sauf si elles sont chiffrées, ce qui est possible avec Nextcloud par exemple). Si un serveur de courriel est proposé, il peut lire les messages privés des gens (cf. cet article que j’avais écrit il y a quelques années sur les coulisses des mails qui montrent bien cet aspect). S’ils visitent un site hébergé dessus, il peut avoir accès à l’IP (et donc la géolocalisation), le type de matériel utilisé (PC, smartphone, tablette), le sytème d’exploitation (Windows, Linux, Android), le temps passé dessus, quelle page il va voir, etc. Autant de données que les Internautes laissent derrière eux sans le vouloir et parfois sans même le savoir et qui en disent beaucoup sur leurs personnalités et leurs habitudes.
Bref, être administrateur d’un serveur, c’est un grand pouvoir et donc une grande responsabilité. C’est pour cela, que j’essaye de respecter au mieux une sorte de charte éthique pour respecter au mieux les personnes qui se rendent sur mes sites. D’ailleurs, j’avais formulé il y a quelques années une sorte de « serment de l’administrateur » basé sur le même format du serment d’Hippocrate, pour les médecins vous pouvez aller le lire par ici si cela vous intéresse.
Plus récemment, et surtout en plus sérieux que mon serment écrit à la va-vite, Framasoft lance en 2016 le collectif CHATONS pour « Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires » afin justement proposer aux Internautes une multitude d’alternatives aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui seraient plus respectueuses de la vie privée des Internautes et une charte permet alors de regrouper des hébergeurs derrière une même volonté de libérer le Web et les Internautes.

C’est donc pour cette raison, j’ai donc choisi de m’auto-héberger il y a 5 ans, même si je n’y connaissais rien, même si je ne savais absolument pas dans quoi je me lançais. Je savais que j’aurai toujours des gens pour m’aider et m’accompagner dans cette aventure, et pendant ces 5 années, ça a toujours été le cas.

Il y a aussi une seconde raison qui m’a poussé à monter mon propre serveur, et elle remonte exactement 20 ans avant que je décide de le faire. Le 30 avril 1993, le CERN décide d’élever le Web (ou plus exactement le “World Wide Web”) dans le domaine public. Le Web est un outil développé quelques années plus tôt par Tim Berners-Lee permettant de consulter, avec un navigateur, des pages accessibles sur des sites (définition paraphrasée de Wikipédia). Cela parait basique comme outil, mais il faut se rendre compte que cette décision a profondément changé la société de l’époque pour donner l’Internet que nous connaissons aujourd’hui. Le Web a donné à toutes et tous, aux quatre coins du monde, un accès sans limite à la connaissance, au partage et a directement offert à des millions et maintenant des milliards de personnes une liberté d’expression qu’aucune autre technologie n’a pu proposer avant ça (je parle ici d’un point de vue purement technique, il y a encore bien des pays qui n’ont pas encore accès à cette liberté).
Je pense qu’il est utile de s’imaginer que si des gens comme le patron de Facebook avaient été à la place des personnes du CERN de l’époque, notre société aurait été très différente et le blog que vous lisez en ce moment même n’aurait très probablement pas pu exister, du moins pas sous cette forme.

Grâce à cette décision, Wikipédia peut exister pour devenir l’encyclopédie la plus complète qui puisse exister de nos jours. Grâce à cette décision, il est possible d’avoir son serveur chez soi sans demander l’autorisation à personne. Grâce à cette décision, vous pouvez lire mon blog et je peux partager mes photos à la terre entière. Grâce à cette décision, vous pouvez lire, parler, débattre, vous informer, écrire librement sur l’Internet.

Grâce à cette décision, vous n’êtes pas juste un consommateur d’Internet, mais vous pouvez être Internet, vous pouvez créer Internet comme bon vous semble. Et parce que cette liberté est importante pour notre société actuelle, j’irai jusqu’à dire que vous devez être Internet afin de protéger et défendre cette espace de liberté qui est de plus en plus menacé par les GAFAM notamment. Et ce n’est pas moi qui dis ça, mais Tim Berners-Lee (le créateur du Web) lui-même qui s’en inquiète dans ses deux dernières publications de 2017 et 2018 : “Three challenges for the web, according to its inventor” et “The web is under threat. Join us and fight for it” ; je crois que ce dernier titre parle de lui-même.

C’est pour cette raison, que vous devriez utiliser au maximum des outils libres et décentralisés et, si vous en avez les moyens, de vous auto-héberger. Il existe d’ailleurs d’excellents outils clefs en main pour cela comme Yunohost ou encore des centaines de bénévoles qui sont prêt à vous accompagner comme ils m’ont accompagné il y a 5 ans.
C’est aussi pour cette raison que vous ne devriez pas utiliser des services contraires au fondement même du Web tels que Facebook, Google, Twitter et compagnie qui menacent directement ces libertés. Ils cherchent à modifier profondément la façon dont nous interagissons ensemble, dont nous partageons, dont nous communiquons. Ils cherchent à détruire le modèle même d’un Internet libre et ouvert qui leur a permis d’exister à leurs tout débuts et ce à des fins commerciales et de monopôle.
Il existe pourtant à l’heure actuelle de nombreuses alternatives pour décentraliser le Net et le rendre plus libre et plus perenne dans le temps. Diaspora* et Mastodon sont par exemple deux alternatives sérieuses pour remplacer et se libérer de Facebook et Twitter. Ces alternatives ne sont certes pas parfaites, n’ont pas les mêmes fonctionnalités ou la même ergonomie que les outils des GAFAM, il n’y a pas autant de monde dessus, mais elles vous respectent et partagent la même volonté d’un Internet libre et ouvert que les personnes du CERN ont voulu vous offrir il y a 25 ans.

C’est donc principalement pour cette raison que j’ai décidé, le 30 avril 2013, d’ouvrir mon bout d’Internet personnel, juste parce que je peux le faire. Et cette liberté, nous devons la conserver et la protéger.

Catégorie: ActualitéTags: ActualitéInformatiqueInternet

Crit’air, quand la vignette devient plus fumeuse que le nuage de pollution

dim, 05/14/2017 - 19:10

Nouveau : version pdf du billet ! :-)
Introduction

En tant que possesseur d’un véhicule, et surtout habitant à Grenoble, la vignette Crit’air commence à devenir plus ou moins une obligation si on veut pouvoir rouler sans souci. Mais à regarder de plus près ce petit macaron à 4,18 €, on commence à voir un petit nuage grisâtre ressemblant à peu de chose près au nuage jaunâtre de pollution qu’elle est censée combattre.

Pour rappel, cette vignette catégorise les véhicules motorisés (voiture, moto, camion, OVNI) selon leur niveau de pollution. Ainsi, lors d’un pic de pollution certaines catégories sont interdites à la circulation car considérés comme trop polluantes. À première vu, on pourrait dire que le système est pas mal : si on a une voiture qui pollue beaucoup on ne peut plus rouler et plus le pic de pollution s’éternise, plus le nombre de catégorie est interdit de circulation. Cependant, la réalité est bien moins idéaliste et rose que cela.

Tout d’abord, on va mettre une petite chose au clair : TOUS les véhicules polluent, que ce soit lors de leur fabrication, pendant leur utilisation ou pendant leur fin de vie dans une casse, tous, même les véhicules électriques, ils polluent juste ailleurs et du coup on le voit moins c’est tout.
La seule solution si vous ne voulez pas polluer c’est de marcher ou prendre un vélo. :-)

Où chercher des informations sur la vignette ?

Attention, en faisant mes recherches, j’ai vu que plusieurs sites faisaient les intermédiaires pour acheter la vignette avec des coûts bien plus importants que prévu. Il n’y a que deux sites de référence, et aucun autre :

  • https://certificat-air.gouv.fr/
  • http://www.developpement-durable.gouv.fr/certificats-qualite-lair-critair
Comment fonctionne la vignette Crit’air ?

Voilà, maintenant que la base est posée, regardons le classement de leur vignette (infographie tirée du site http://www.developpement-durable.gouv.fr/certificats-qualite-lair-critair).

On voit bien que les deux seuls critères qui entrent en compte dans la catégorisation des véhicules est le code de la norme EURO (lié à la date de mise en 1re circulation) et du type de carburant (diesel vs essence).
Du coup, une première question peut se poser : un véhicule polluant mis en circulation en 2016 est-il mieux noté qu’un véhicule moins polluant mis en circulation en 2010 ? Et bien… oui. Vous pouvez acheter un 4×4 récent ayant un malus écologique élevé mais récent sera catégorie 1 alors qu’un véhicule citadin sans malus de 2006 sera moins bien noté. Cohérence quand tu nous tiens.

En fait, cela s’explique par le fait que le malus écologique (qui est de toute façon remboursé par le concessionnaire pour que les gens achètent la voiture) est seulement calculé à partir des émissions de CO2 et non sur les émissions d’oxydes d’azote (NOx), des particules fines ou encore du monoxyde de carbone (CO). Du coup, on peut avoir une voiture polluante (car le CO2 est bien un polluant) fortement taxée tout en ayant une bonne note sur la vignette.

La norme européenne d’émission se base quant à elle sur les émissions de polluants directement dangereux pour les personnes et l’environnement (particules fines, oxyde d’azote, monoxyde de carbone, etc.). Tous les 5 ans, celle-ci s’incrémente et durcit les taux d’émission des différents véhicules. Du coup, un véhicule essence de classe 6b sera, selon des tests effectués sur les moteurs, moins polluant qu’un véhicule de classe 4. Les tests — comme le test WLTC qui sera utilisé pour la classe 6c — simulent des situations de conduite (autoroute, route, arrêt, démarrage, ville, etc.) pour mesurer les taux d’émission du véhicule. Pour rappel, l’affaire Volkswagen sortie en 2015 était justement sur le trucage des résultats lors de ces tests pour minimiser les taux de polluants émis.

Une mesure sur le long terme ?

À voir comme ça, on pourrait penser que la mesure est bien et réglera les problèmes de pollution dans certaines villes : les véhicules les plus polluants selon la norme européenne d’émission (donc ayant un numéro Cri’air élevé) seront rapidement interdits de circulation lors de pics de pollution. Sauf que non, pas tellement, du moins pas sur le long terme.

En effet, les voitures les plus « écologiques » (électriques et hydrogène) sont actuellement numérotées à 0 puis dans l’ordre croissant pour les voitures de plus en plus « polluantes », jusqu’à 5. Cependant, si on espère que cette mesure ait été étudié un minimum pour être durable, comment les vignettes seront-elles décernées dans les 5, 10, 20 prochaines années sur les prochains véhicules ?
Les futurs moteurs seront logiquement toujours plus performants et donc de moins en moins polluants selon les critères de la norme EURO de plus en plus stricte. Quelle sera alors la catégorie de leur vignette par rapport à l’échelle actuelle ? Ils seront alors meilleurs que les véhicules notés à ce jour par la note 1 sans laisser la possibilité de rajouter de nouvelles catégories.
En réfléchissant deux minutes sur cette question, inverser l’ordre de l’échelle aurait permis de créer de nouvelle classes au-delà de 5 pour les futurs véhicules toujours plus « écologiques ».

J’y vois donc deux interprétations possibles :

  • soit cette mesure est purement superficielle et n’a pas pour vocation de durer sur le long terme ;
  • soit il est prévu de devoir payer régulièrement une nouvelle vignette pour changer de catégorie avec le temps (option qui a l’air d’être réfutée par le gouvernement).

Dans les deux cas, je trouve le modèle utilisé, et imposé, particulièrement discutable n’invitant pas à payer cette vignette.

Par curiosité, j’ai alors envoyé un courriel depuis la page de contact de https://certificat-air.gouv.fr pour leur demander leur vision à long terme. Mon message a été envoyé le 22 janvier dernier… pour avoir une réponse le 21 février (réponse non modifiée) :

Bonjour,

Étant que le fabriquant de la vignette.

A ce jour cette vignette est obligatoire dans certaine ville pour circuler, si vous ne disposer pas cette vignette et que vous circuler dans une de ces villes vous êtes verbalisable.

Aujourd'hui nous ne pouvons vous donner plus d'explication, nous dépendons tous du ministère de l'écologie et nous ne pouvons connaître le futur.

Cordialement,

Quand je pense qu’il a fallu attendre un mois entier pour recevoir une réponse aussi affligeante que celle-ci, je dois avouer que j’ai été très déçu.
Plusieurs points me dérangent énormément dans cette réponse :

  • déjà, quand je contacte un site officiel du ministère je serai en droit d’attendre une réponse du ministère et non celle du fabriquant de la vignette qui n’aura clairement pas un avis objectif sur la question posée ;
  • ensuite, quand le fournisseur de la vignette me dit que leur bout de papier est obligatoire sous peine de verbalisation, ça me fait doucement sourire vu qu’il récupère une partie des 4,18 € du coût. Pas étonnant qu’ils disent de l’acheter. Avec un parc automobile de 38 652 000 au premier janvier 2016 (source), la recette est très fructueuse pour lui. De plus, si j’ai bien compris l’histoire : si on roule dans zone réglementée suite à une période de pollution on est verbalisable que si la voiture en question n’a pas le droit de rouler (qu’elle ait sa vignette ou non, dans le second cas un contrôle de la carte grise est fait par le policier pour connaître sa catégorie) ;
  • enfin, qu’on me réponde qu’on ne peut pas prédire le futur me choque pas mal. Le fait d’être dépendant du Ministère de l’écologie a l’air de les empêcher de réfléchir au-delà de leur rentabilité trimestrielle. Triste constat. :-(

Bref, leur réponse est aussi affligeante que bâclée et surtout ne répond à aucune des interrogations posées.

Quel impact des restrictions sur la qualité de l’air ?

Sur Grenoble, nous avons déjà vécu plusieurs périodes de restriction de circulation suite à des niveaux de pollutions élevés. Le graphique ci-dessous montre l’évolution des taux de particules fines au niveau de la rocade sud de Grenoble entre le premier janvier et le 15 février 2017. Pour information, la dénomination PM10 et PM2.5 signifient respectivement les particules en suspension dans l’air dont leur diamètre est inférieur à 10 µm et les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm. Les données sont issues du site Internet de l’organisme Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, organisme agréé par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les restrictions de la ville de Grenoble (et plus généralement de la Métro) lors d’un pic de pollution commencent lorsque la quantité de particules fines dépasse les 50 µg m-3. Après deux jours de période de pollution, la vitesse est réduite de 20 km/h sur les grands axes (voies à plus de 90 km/h). Après 5 jours les premières interdictions de véhicules arrivent pour ceux n’ayant pas de vignette (véhicules de plus de 20 ans). Enfin, après 7 jours de pollution, les véhicules des catégories 4 et 5 sont à leur tour interdits.

À partir du graphique ci-dessous et des messages sur Twitter (je n’ai pas pu retrouver l’information ailleurs…) de La Métro relatifs au pic de pollution, on peut définir les différentes dates :

  • 19 janvier : début du pic de pollution
  • 21 janvier (J2) : les premières réductions de vitesse sont appliquées (tweet de La Métro)
  • 24 janvier (J5) : interdiction de circulation aux véhicules de plus de 20 ans (tweet de La Métro)
  • 26 janvier (J7) : interdiction des véhicules de catégorie 4 et 5 (tweet de La Métro)
  • 31 janvier (J12) : fin du pic de pollution (tweet de La Métro)

Peut-on dire que la mesure de la ville a réduit considérablement le pic de pollution ? Pas si sûr quand on compare les taux de polluants et les conditions météorologiques.
En reprenant le même graphique qu’au-dessus et en ajoutant les précipitations issues de Météo France, on peut observer qu’elles apparaissent lorsque le pic diminue.

Vous me direz que la pluie arrive après la descente, mais la perturbation était déjà installée sur la ville depuis quelques jours comme le montrent les images satellites que j’ai récupérées sur le site http://fr.sat24.com :


Image satellite en infra-rouge du 26/01/2017


Image satellite en infra-rouge du 27/01/2017


Image satellite en infra-rouge du 28/01/2017


Image satellite en infra-rouge du 31/01/2017

Globalement, pour avoir vu passer plusieurs périodes de pollution importante sur Grenoble, toutes se sont arrêtées suite à l’arrivée d’une perturbation, jamais les restrictions des véhicules n’ont significativement impacté la qualité de l’air en ville selon moi.

Quelle efficacité sur cette vignette finalement ?

À mon avis, pas beaucoup. Elle pourrit encore un peu plus la vie des personnes vivant en ville (ou à côté) en les forçant à acheter une vignette inutile et mal conçue sans étudier des solutions plus viables. Cependant, vu que la stratégie des gouvernements depuis pas mal de temps maintenant est de montrer qu’on agit même si ça n’a aucun effet, les problèmes ne risquent pas d’être résolus sur le long terme.

Par exemple, toute la ville de Grenoble est passée à 30 km/h au lieu de 50 depuis le 1er janvier 2017. Déjà, je ne pense pas qu’il était possible de rouler à plus de 30 avant vu la quantité impressionnante de feux rouge non synchronisés forçant alors les voitures à s’arrêter tous les 50 mètres. De plus, quand on regarde deux minutes les rendements et l’efficacité des moteurs de voiture, on constate que celles-ci sont les plus polluantes à faible vitesse et encore plus lors du démarrage. Finalement, la mesure adoptée a très probablement un effet plus néfaste pour l’environnement que l’inverse.

Au contraire, il serait plus intéressant d’optimiser la régulation des feux de la ville (de toute façon les Grenoblois ne s’arrêtent même plus aux feux rouges… et ça peut se comprendre), de construire des parkings en dehors de la ville pour les personnes vivant autour, de développer les réseaux de transports en commun le weekend et la nuit, d’aider les gens à acheter une nouvelle voiture, de développer le covoiturage (je profite ici pour mentionner la ligne de covoiturage Vercors ⇆ Grenoble illicov que j’ai découvert via Fla :-)), ou l’autopartage, etc. On pourrait aussi rendre plus cohérente et durable le modèle de la vignette en regroupant les malus écologiques à la vente du véhicule (qui pour rappel ne se base que sur les émissions de CO2) et les émissions de particules fines et autres polluants.
Bref, il existe plein de solutions pour améliorer la qualité de l’air dans nos villes. Rajouter une énième taxe (parce qu’au final c’est une taxe) ne réglera pas grand-chose à part remplir les caisses de l’État et d’une entreprise.

Aussi, on voit clairement que les zones les plus polluées sont majoritairement des lieux très fréquentés par des camions pour le transport de marchandise : Grenoble qui fait le pont entre les Alpes et Lyon, la vallée de l’Arve pour se rendre en Italie, la Maurienne pour l’Italie aussi, etc. Bref, les plus polluants ne sont pas les habitants des villes — qui utilisent majoritairement les transports en commun ou des vélos — mais surtout des gens qui traversent les quatre coins de l’Europe pour transporter des marchandises. Là encore, des choix stratégiques peuvent être faits pour favoriser les transports ferroviaires par exemple, qui est moins polluant que le transport routier.

Conclusion

Finalement, je n’ai pas la vignette sur ma voiture… et je ne compte pas l’acheter tant que je ne serai pas convaincu qu’elle aura un effet pour l’environnement sur le long terme et non pour remplir les poches d’une entreprise qui vend des macarons à 4,18 € pour quelques années d’utilisation. Il y avait déjà eu la vignette verte quelques années auparavant, maintenant celle-ci, dans 6 mois avec le prochain gouvernement il y en aura peut-être une autre. Bref, vu qu’on est pas foutu d’avoir une stratégie viable on ne fera jamais rien de constructif.
En espérant que le prochain président fasse quelque chose de plus constructif et pérenne, mais j’en doute vraiment.

Pour information, cet article était écrit en très grosse partie depuis février dernier, mais ayant contacté à plusieurs reprises le Ministère sur ces questions, j’ai voulu attendre leur réponse pour compléter ce billet… Malheureusement, je n’ai jamais eu de retour de leur part. Ils devaient sans doute être plus occupés à faire leurs cartons plutôt que de me répondre. :-/
Si un jour j’ai de leur nouvelle, je rajouterai un commentaire à ce billet. :-)

Catégorie: SociétéTags: SociétéVoitureÉcologiePollution

Avatars, centralisation et flemmardise

jeu, 03/17/2016 - 23:45
Introduction

Ces trois mots résument plus ou moins l’idée de l’article qui va suivre.
De plus en plus, j’observe en effet sur des sites sur lesquels je m’inscris que la photo de profil n’est plus hébergée par le site Web en question, mais qu’elle est désormais centralisée sur un service ne servant qu’à ça. Il est alors possible de synchroniser votre avatar pour connecter plusieurs sites dessus. Entre incompréhension et agacement avec une bonne dose d’exaspération, je ne peux que critiquer ce principe de fonctionnement que je trouve inutile et contre-productif. Mais dire ça n’avance pas à grand-chose, donc je vais développer un peu ma pensée sur ces quelques points.

Lire la suite…

Catégorie: InternetTags: InternetVie privéeCoup de gueule

La règle qui règle les accords

lun, 03/14/2016 - 22:58

En cette semaine de la langue française et de la francophonie, j’ai souhaité défendre une règle d’égalité entre les genres en conjugaison perdue depuis le xviiie siècle. L’explication ? Soit disant parce que le genre masculin était considéré comme plus « noble » que le genre féminin et donc qu’il se devait alors d’accorder exclusivement sur le masculin.

Avant, nous pouvions alors écrire : « Les chapeaux et les chemises étaient jolies. », ou même (soyons fous ^^) : « Les chapeaux et la chemise est jolie. »

Trois siècles plus tard, cette règle imposée pour des raisons simplement machistes, est encore d’usage à l’Académie française et donc dans la langue française.

Celle-ci, répétée maintes fois aux gamins à l’école, disant que le masculin l’emporte sur le féminin ne fait que perdurer et imposer cette inégalité dans les mentalités. Ce qui, et ceci n’engage que moi, est responsable à son niveau de l’état de la société actuelle vis-à-vis des droits des femmes.

Non seulement, réhabilité cette règle replace le genre féminin au même niveau que le genre masculin et rend plus égalitaire la langue et, in fine, la société, mais en plus elle n’empêche pas forcement l’ancienne écriture vu qu’il reste possible d’écrire le masculin au plus proche du verbe et de l’adjectif.

Certes, on pourra me dire que la langue française est une langue vivante et qui se doit d’évoluer et que des règles disparaissent et d’autres apparaissent. Je suis parfaitement en accord avec cela mais encore faut-il qu’elle évolue dans un sens positif pour la société et non discriminant. De plus, il n’est pas obligatoire de réhabiliter la totalité de l’ancienne règle, mais a minima de replacer l’équilibre en genre et conjuguer sur le majoritaire. Par exemple, s’il y a trois sujets féminins et deux masculins, l’adjectif s’accorderait sur le féminin et non sur le masculin comme actuellement. En cas d’égalité, il sera alors possible de choisir l’accord ou utiliser le genre du sujet le plus proche. Cela laisse alors plus de choix et de libertés lors de la rédaction.
Pour l’accord en nombre, celui peut d’ailleurs rester tel quel, cela empêchera la confusion que certains reprochent à cette règle.

Si vous le souhaitez, une pétition existe depuis maintenant plusieurs années pour demander à l’Académie française de reconsidérer cette règle comme correcte, c’est par ici. :-)

Et vous alors, comment souhaitez-vous conjuguer l’égalité ? :-) (sondage valable 1 an)

« Toute l’année, les hommes et les femmes sont égales ; pas seulement le 8 mars. » « Toute l’année, les hommes et les femmes sont égaux ; pas seulement le 8 mars. »

Du bon usage des capitales et majuscules

sam, 03/12/2016 - 19:35
Introduction

De plus en plus j’observe avec désolation la multiplication des abus d’usage dans les documents des capitales et des majuscules. En effet, que ça soit des CV, des lettres, des rapports ou encore des présentations, le « syndrome capitale » que j’aime appeler est très souvent présent.

J’ai donc décidé de rédiger cet article pour mettre les points sur les i sur l’usage des caractères hauts en français. Comme je l’ai mentionné sur mon dernier billet sur la typographie des nombres et unités, je présenterai ici les règles d’usage en langue française bien que certaines d’entre elles s’appliquent à d’autres langues.

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Catégorie: Langue françaiseTags: Langue françaiseTypographie

Définition du jour : terrorisme

mar, 03/01/2016 - 22:36

TERRORISME, subst. masc.
A.HIST. Politique de terreur pratiquée pendant la Révolution.
− Par extension Emploi systématique par un pouvoir ou par un gouvernement de mesures d’exception et/ou de la violence pour atteindre un but politique.
B. − Ensemble des actes de violence qu’une organisation politique exécute dans le but de désorganiser la société existante et de créer un climat d’insécurité tel que la prise du pouvoir soit possible.
− Par analogie Attitude d’intolérance, d’intimidation dans le domaine culturel, intellectuel et/ou spirituel.

Notez que la définition première est relative aux mesures d’exception pour atteindre un but politique et non aux actes de violence dans le but de désorganiser la société.

À méditer et diffuser.

Source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/terrorisme.

Catégorie: Langue françaiseTags: Langue françaiseActualitéSociété

Clapeyron is back!

ven, 02/26/2016 - 12:00

Bonjour à toutes et tous,

Grand jour ! Nouveau serveur, nouveau domaine, nouvelle ville et nouveaux certificats (pas encore de nouveau FAI comme dit dans mon précédent billet) et enfin de nouveau en ligne. \o/

Après près de six longs mois d’absence, me voilà de retour sur le grand Internet en ce 26 février 2016, date d’anniversaire d’Émile Clapeyron (d’où le nom de ma machine :-)) et d’une autre personne que je salue et souhaite un très bon anniversaire (elle se reconnaîtra ^^). Malheureusement ce jour du 26 février 2016 signifie aussi la reconduite de l’État d’urgence en France relancé pour 3, oups pardon, 6 mois… :-( Nous y reviendrons peut-être un jour.
J’ai donc trouvé que ré-ouvrir un serveur libre, indépendant et décentralisé ce même jour était assez symbolique.

Initialement, il était prévu que je sois vite en ligne suite à mon déménagement d’août mais une panne matérielle m’en a empêché. J’ai alors attendu d’acheter une nouvelle machine pour m’auto-héberger, chose faite fin janvier dernier. Du coup, je vous prie de m’excuser pour cette longue absence (m’enfin, je suis sûr de n’avoir manqué à personne ^^) et je touche du bois pour que cette nouvelle machine ait une longue et libre vie. :-)

Au fait, pourquoi ce nouveau nom de domaine ?

J’aime bien poser les questions que personne ne se pose. :-þ
Cela faisait longtemps que je souhaitais changer de domaine. Non pas que l’ancien ne me plaisait pas, d’ailleurs je le conserve aussi, mais j’en souhaitais un plus original, plus court à dire (pour donner son adresse de courriel au téléphone par exemple) et parce que surtout j’avais pensé à celui-ci qui fait un peu le pont entre mon domaine professionnel et l’informatique.

Petite explication du nom :
En sciences physiques et plus particulièrement en physique quantique, toute la théorie actuelle tourne autour du modèle standard. Ce modèle définit l’ensemble des particules élémentaires connues à ce jour comme les électrons ou encore les quarks (composants des protons et des neutrons). Dans ce modèle, une particule classée dans les fermions (tout comme les électrons) est appelée neutrino. Cette particule fut nommée par Enrico Fermi neutrino — « petit neutron » — pour la différencier des neutrons beaucoup plus massiques.
Par la même logique, je me suis permis de créer ma propre « particule élémentaire » de l’univers du libre : le librino. :-) Celui-ci représente donc une composante du modèle standard de l’informatique libre et de la culture libre.
Tout comme le neutrino existe sous la forme de trois saveurs — électronique, muonique et tauique — mon librino existe sous trois saveurs aussi : communauté, libre et ouvert ; les trois piliers fondamentaux du libre. :-)

J’ai par la même occasion créé un logo en bas de l’article (sous licence CC0) ainsi qu’une fiche descriptive comme pour les vraies particules élémentaires du modèle standard. :-)

Sur ce, je vous dis à bientôt sur la Toile. :-) J’ai 6 mois d’articles à rédiger maintenant et plein d’idées. ^^ Liste non exhaustive des articles prévus (dans le désordre) : de l’État d’urgence, du SSL, de la loi informatique et Libertés, de LaTeX (plein !), de typographie et même peut-être de réforme de l’orthographe de 1990. :-)

freetux


Représentation schématique du librino et de ses trois saveurs :
— λc : librino communauté
— λl : librino libre
— λo : librino ouvert

Catégorie: Actualité

freezetux.net déménage, encore !

jeu, 07/30/2015 - 13:50

Non, non, cela n’a rien à voir avec la loi sur le renseignement que le Conseil constitutionnel a honteusement approuvé en très grande majorité. Je ne vais donc pas non plus le déménager à l’autre bout du monde.

C’est juste que pour des raisons professionnelles, je déménage sur Grenoble à la fin de l’été.
Pour la petite histoire, ce serveur est « né » en Avignon le 30 avril 2013, pour déménager sur Toulouse en septembre 2013 (après une migration catastrophique : deux semaines de déconnexion à cause de Free). Deux ans après, le voilà de nouveau en vadrouille pour partir vivre sur Grenoble.

Et oui, je quitte la ville de Toulouse — et donc mes activités à Toulibre :'( — pour migrer sur Grenoble et rejoindre le GLUG (Gnu Linux User Group) local — La Guilde :-) —.

Ce déménagement sera d’ailleurs l’occasion de changer, à terme, de fournisseur d’accès Internet, actuellement Free, vers un fournisseur plus respectueux de leurs Internautes et plus neutre. Je veux bien sûr parler de Rézine, association grenobloise membre de la Fédération FDN.
Provisoirement et pour des raisons de logistiques, je vais conserver ma ligne Free sur Grenoble. Une fois sur place, je pourrai voir directement avec les gens de Rézine ce qui peut être fait dans mon appartement.

La solution idéale serait la connexion au réseau Wi-fi en utilisant des antennes longue portée, et ce pour plusieurs raisons :

  • faible coût de mise en place ;
  • débit presque symétrique en ascendant et en descendant (optimal pour l’auto-hébergement).

Cependant, l’orientation de mon nouvel appartement n’est pas optimale. Par conséquent, la réalisation de cette option est actuellement en cours d’étude.

De votre côté, pas grand-chose ne changera à part, normalement, un temps d’accès à mes sites et services Web plus court. OUF ! Je vous entends d’ici pousser un grand cri de soulagement. :-D
Il y aura bien sûr quelques perturbations pendant le déménagement. Je vais peut-être héberger mon serveur chez quelqu’un d’autre sur Grenoble le temps d’être fixé chez moi. Je ferai bien entendu tout mon possible pour être reconnecté rapidement.

Je n’ai pas choisi de connexion en fibre optique qui est pourtant disponible dans mon nouvel appartement, pour plusieurs raisons :

  • la fibre n’est disponible que par l’intermédiaire d’un fournisseur commercial (Free, Bouygues Télécom, Orange ou encore SFR) passant, pour certains, par Numéricable ;
  • ces mêmes FAI sont incapables de fournir les meilleures conditions d’accès à l’Internet : IP fixe, IPv4 et IPv6, reverse sur les IP et de la transparence (bien que Free satisfasse presque toutes ces conditions) ;
  • les forfaits fibre sont à un prix exorbitant (entre 30 et 40 euros par mois environ, hors réductions) et proposent en plus la télévision, la téléphonie fixe et la téléphonie mobile. Bref, sur quatre services, je ne veux que l’accès à l’Internet, les trois autres ne m’intéressent pas.

N’étant par ailleurs, pas tellement intéressé pour avoir du 400 Mb/s, je préfère privilégier un vrai fournisseur d’accès Internet neutre, local et associatif plutôt que de passer par une entreprise aux activités obscures. D’où mon choix de passer par Rézine.

Pour le téléphone fixe qui est tout de même pratique, je vais opter pour la solution indépendante de téléphonie par VoIP proposée par OVH pour 1,19 euro par mois.

Petit au revoir

Je profite de ce petit billet pour remercier toutes les personnes de Toulibre, Tetaneutral.net, Mix’Art Myrys et les très nombreux libristes ou futurs libristes que j’ai côtoyé pendant ces deux années. Un grand merci à toutes et tous pour tous les très bons moments passés à vos côtés : les deux Capitoles du Libre auxquels j’ai pu participer, les nombreux Qjelts, les très nombreuses rencontres logiciels libres à Bellegarde, les install party à l’Utopia de Tournefeuille, les milliers de trolls sur l’IRC (ça, ça va continuer :-p), etc.

À bientôt à toutes et tous ! :-)

freetux

Catégorie: Actualité

Cozycloud sur Fedora via Docker

ven, 07/03/2015 - 00:34

Pour quel type de lecteur ?
Confirmé en informatique

Introduction

Ces derniers jours, je me suis pas mal amusé à travailler sur mon serveur en installant deux nouvelles applications en python : Searx (qui fera peut-être l’objet d’un prochain billet) et Cozycloud.
Cozycloud est un logiciel de cloud personnel à héberger chez soi afin de pouvoir garder une totale maîtrise de ses données personnelles. Cela évite d’aller chez Google, Apple, Amazon ou encore Dropbox qui n’attendent que les gens viennent déposer leurs données chez eux. En plus de permettre d’avoir son propre espace de stockage en ligne, ce logiciel propose, via de nombreuses applications, plein d’autres fonctionnalités. On peut en effet avoir une interface pour lire ses flux RSS, regarder ses photos, lire ses courriels, synchroniser son agenda, ses contacts ou encore avoir la météo et même aller sur l’IRC. Le logiciel étant libre (forcement, sinon je n’en parlerai pas), de nombreuses applications sont à venir avec le temps.
Mais assez parlé, je vous laisse découvrir la démo du site par ici. ;-)

Pour l’installation, des packages pour Debian et Ubuntu existent, mais étant sur Fedora, il m’était impossible de l’héberger chez moi… jusqu’au jour ou l’équipe de Cozy propose une image Docker du logiciel.

Fedora proposant Docker depuis la version 21 (du moins par défaut dans la version server), je me suis donc mis dans la tête d’installer Cozycloud — qui m’a très longtemps attiré pour remplacer Owncloud — sur Fedora en passant par ce logiciel. Docker est un logiciel plutôt facile à prendre en main et il n’y a pas grand-chose à faire dessus pour faire tourner une image, surtout que la doc est déjà plus ou moins détaillée ici.
Donc, que dire ?
Bah déjà que ça fonctionne super bien, et ça c’est cool. :-) Je détaillerai tout de même l’installation avec quelques commentaires, ainsi que la conf d’Apache pour le relier à l’image, ce qui, finalement, m’a causé le plus de soucis.

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Catégorie: InformatiqueTags: InformatiqueCozycloudDockerLogiciels libres

Mise au point sur le HTTPS

mar, 06/23/2015 - 18:57

Nouveau : version pdf du billet ! :-)
Pour quel type de lecteur ?
Tout le monde


Introduction

À l’heure actuelle, n’importe quelle donnée est épiée, stockée, étudiée, analysée, triée, classée et utilisée contre nous. Le chiffrement de l’information est et restera le seul rempart pour protéger nos données secrètes (mots de passe, compte en banque, etc.), nos données privées (idées politiques, habitudes de consommations, etc.) et nos données personnelles (date de naissance, adresse physique, courriel, etc.).
La technique de chiffrement la plus connue est le SSL (Secure Sockets Layer) maintenant appelé TLS (Transport Layer Security) qui est utilisé pour chiffrer les communications entre notre ordinateur et un site Web. Celui-ci se reconnaît au https:// de l’URL du site que vous souhaitez visiter. Dans la conscience collective, la simple présence du cadenas que vous affiche votre navigateur vous certifie que tout est sûr et que personne ne lira les données qui transitent. Quand on voit une barre verte en plus, là on se dit que c’est le summum de la sécurité et qu’il n’y a rien de plus fiable. Même la NSA ne pourra pas les lire. Ouf ! Dans le cas où votre navigateur vous affiche une « Alerte de sécurité » sur un site en https:// soit les gens fuient en pensant se faire pirater soit ils cliquent sur « Je comprends les risques » sans les lire… A contrario, quand c’est juste noté http://, là on se dit que c’est pas chiffré et que tout le monde peut lire ce qui passe dans le Réseau (enfin j’espère que la plupart des gens pensent cela…). Donc le monde est divisé en deux options : http:// pas sécurisé, https:// sécurisé si pas d’alerte du navigateur, finalement c’est simple le chiffrement.

Seulement il y a un hic.

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Catégorie: InternetTags: ChiffrementSécuritéInternet

Bien écrire les nombres et les unités

mar, 06/09/2015 - 20:09
Introduction

Comme certains le savent peut-être, je ne suis pas informaticien mais un scientifique ayant fait ses études dans les sciences des matériaux. Écrire des nombres, des valeurs physiques et des unités fait plutôt partie de mon quotidien. Bien écrire des nombres, des valeurs physiques et des unités, c’est une autre histoire.
Dans de très nombreuses publications, articles ou même billets contenant des nombres ou des valeurs physiques, chimiques ou encore monétaires, il est fréquent de les voir très mal orthographiés : des fois avec des espaces, des fois sans, des fois avec des majuscules et des fois non. Bref, c’est plutôt aléatoire selon le rédacteur.

Bien entendu il existe de nombreuses règles, normes et recommandations visant à écrire correctement les nombres et les unités. J’ai donc décidé de réaliser un état des lieux de ce qui doit se faire.

Cet article étant finalement beaucoup plus long que prévu (pour tout avouer, je ne pensais pas que mes recherches m’enverraient aussi loin et viennent déstabiliser certaines de mes certitudes), je parlerai du package LATEX créé justement pour respecter ces normes dans un prochain billet. Surtout qu’il y a beaucoup de choses à dire dessus. je n’ai donc pas voulu vous submerger de la théorie et de la pratique dans un même article.

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Catégorie: Langue françaiseTags: Langue françaiseTypographieScience

Parlons #typographie

mer, 06/03/2015 - 11:57

Bonjour à toutes et tous,

La langue française fait partie des plus jolies langues au monde, mais aussi des plus complexes. Et du coup une des plus écorchées vives… Cette complexité se retrouve bien entendu en grammaire et en conjugaison, mais aussi dans de nombreux détails que beaucoup méconnaissent et ignorent dans les documents qu’ils écrivent (lettres de motivation, CV, rapports, etc). Ces petits détails, la cerise sur le gâteau de cette langue, sont bien entendu les multiples règles de typographie. Les claviers AZERTY prédominants en France sont malheureusement un affront direct à ces règles. Par exemple, il est impossible sur un clavier AZERTY classique 1 d’écrire les accents sur une majuscule (parce que oui, ils doivent être présents), d’écrire les différentes espaces existantes ou encore de taper le caractère « … ». Il existe pourtant des dispositions de clavier spécifiques à la langue Française. Pour n’en nommer qu’un : le BÉPO façon Dvorak.

Si vous aussi vous en avez marre du langage SMS (et surtout des gens qui le défendent en prétendant que c’est une « nouvelle langue » avec ses propres règles), des gens qui écorchent la langue française sans même s’en rendre compte ou qui utilisent des caractères anglophones dans des textes français, alors bienvenue sur le canal de discussion #typographie sur le réseau IRC.
Vous y retrouverez des défenseurs de la langue française se fiant aux recommandations de l’Académie française, des bépoètes (utilisateurs du clavier BÉPO), des utilisateurs de LATEX ou encore des typographes de tous niveaux.
Si vous êtes juste curieux ou connaissez mal la typographie, nous serons ravis de vous accueillir et vous faire découvrir ce domaine. Vous découvrirez par exemple ce qu’est un cadratin, les différents types de tirets existants ou encore que « espace » est féminin en typographie. De quoi briller en société si vous arrivez à placer tout ça dans des discussions ou réunions. :-D

Une seule règle : respecter au mieux la langue française et les règles de typographie. En cas de doute, demandez, ce canal de discussion est fait pour ça. ;-) On y parlera bien entendu de typographie, mais aussi de divers sujets liés à la langue française et de plus ou moins tout et n’importe quoi tant que les personnes présentes respectent la seule règle ci-dessus.

Je profite de ce billet pour créer une nouvelle catégorie orientée sur la typographie. J’essayerai de rédiger quelques articles sur ce sujet à l’occasion. :-)

1. Il existe cependant des claviers AZERTY plus complets permettant d’écrire des caractères français. ↩

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Catégorie: Langue françaiseTags: Langue françaiseTypographieIRC

Nouveaux certificats SSL

mar, 04/07/2015 - 19:31

Et voilà, cela fait déjà un an que j’ai créé mes premiers certificats SSL avec mon autorité de certification.
Par conséquent, avec une durée de validité de un an, j’ai eu a les renouveler. Comme le temps passe vite. :-)
Si vous avez ajouté mon autorité de certification à votre navigateur, nous ne verrez aucune différence (c’est justement le but de l’autorité :-)). Si vous avez accepté ponctuellement les certificats SSL, vous aurez par conséquent un message d’alerte de votre navigateur vous disant que l’autorité n’est pas reconnue. Vous avez alors plusieurs choix :

  • retourner sur le protocole non sécurisé (http://) ;
  • accepter une nouvelle fois le nouveau certificat (techniquement si vous avez l’alerte c’est que vous l’aviez déjà accepté l’année dernière) ;
  • ajouter mon autorité de certification à votre navigateur pour ne plus avoir ce genre de message.
Catégorie: ActualitéTags: SécuritéChiffrementInformatique

… mais c’est quand même bien quand elles continuent !

jeu, 04/02/2015 - 09:53

Attention : ce billet fait référence au billet précédent. Je vous invite à aller le lire pour mieux savoir de quoi je parle. ;-) C’est par ici.

C’est bon, vous avez tout lu ? Aller, vous pouvez y aller maintenant ;-) ⇒ lire la suite…

Catégorie: Actualité

Les blagues les plus courtes sont les meilleures…

mer, 04/01/2015 - 14:36

Voilà bientôt deux ans que mon serveur tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et je pense que c’est le bon moment pour tout révéler, les blagues les plus courtes sont les meilleures comme on dit… Et pourtant, cela fait deux ans que je tire dessus à bout de souffle.

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Catégorie: Actualité